UN SAVOIR-FAIRE ARTISANAL
Par essence, un atelier artisanal est un lieu dans lequel l'intervention humaine demeure prépondérante. La main est ainsi présente à chacune des étapes de la réalisation des bérets de la Manufacture de bérets. Chaque geste demande un apprentissage, pour in fine, acquérir la dextérité d'un mouvement irréprochable. Alors, le geste devient un patrimoine à transmettre de générations en générations.
Qu'est ce qu'un béret ? Le béret n'est pas un chapeau. C'est un couvre-chef. Il se compose d'un plateau, d'une coudète et d'une coiffe écussonnée. Simple et pratique, il se porte de façons différentes, selon que l'on soit une femme, un homme; grand ou petit; large ou fin; chevelu ou pas... Fabriquer un béret, c'est accompagner une matière, la laine, dans un processus fascinant et un peu magique...
Étape n°1
TOUT COMMENCE PAR
LE FIL DE LAINE ÉCRU
Dans la fabrication d’un béret, il n’y a pas de début, ou alors il se perdrait dans la nuit des gestes, le maître mot est la continuité. Tout commence par le fil. Ce fil est en pure laine vierge mérinos. Cette laine est une matière vivante que nous accompagnons au fil des différentes étapes de la construction d’un béret. C’est le travail de cette laine qui me permettra d’obtenir une laine feutrée aux qualités reconnues de souplesse, d’imperméabilité et de solidité dans le temps.
Étape n°2
UN GESTE PRÉCIS
Peu retordu, le fil écru, principe fondateur du béret, est ainsi préparé par le filateur, prêt à être délivré sur la machine. Le geste doit être sûr : nouer, accompagner le fil vers le ballet du chariot et des aiguilles, mouvements incessants, immuables. Dans cette histoire-là, la mécanique bat la mesure en rythme, absorbe des kilomètres de fil et tricote un jersey finement décompté. La tricoteuse arrête sa danse, un très court instant. Elle fait un pas de côté pour passer un fil de nylon, marqueur de la fin d’un béret, du début d’un autre. Vient alors le temps du décrochage. Par un geste sûr et précis, nous séparons le béret de son frère de tricotage puis l’étirons, le bichonnons.
Étape n°3
LE REMAILLAGE
MAILLE APRÈS MAILLE
Privé de ses frères de tricots, le béret est ouvert, béant, mailles laissées sans surveillance, sans arrêt. Il va nous falloir marier chaque maille, une part une. Sur la remailleuse, les aiguilles attendent les mailles. Assemblées par deux un point de chainette va venir fermer l’ouvrage, donner corps au béret. Parmi les gestes, remailler un béret est un travail délicat.
Étape n°4
FOULON
LE BAIN CHAUD
Vient le temps de la transformation. Trop grands, trop souples, les bérets vont vivre le foulon. Par 80, 90 ou 100, en fonction de leurs poids, ils vont se frotter les uns aux autres durant 8 heures dans un bain doucement chaud. Les poils des moutons mérinos relâchent la tension, libèrent leur énergie, frisent avec force, resserrent les mailles, feutrent à l’envie. Le foulage donne une cohésion au béret en obtenant un rétrécissement maitrisé. Le foulon se réussit car il est lent. Il faut laisser le temps à la laine de se combiner, de créer un feutre dense, irréprochable. L’appréciation se fait via « la main » : l’aspect du feutre, la densité du poil mais aussi la taille du béret, sa tenue.
Étape n°5
UN GESTE PRÉCIS
Nous faisons le choix de tricoter nos bérets avec un fil écru. Nous procédons donc à la teinture par le mélange de pigments afin d’obtenir la couleur que nous souhaitons. La teinture demande un savoir faire précis et une journée complète de travail. Pour réussir la teinture, nous devons teinter environ 110 bérets, ce qui représente 5% de la production annuelle… l’erreur de teinture n’est donc pas la bienvenue ! Puis les bérets sont séchés selon la technique dite "au clou" : dans notre atelier, ils sont accrochés au mur, ce qui est écologique et pratique.
ÉTAPE N°6
GRATTAGE
CARDAGE DU BÉRET
Le béret prend son temps pour sécher. Après quelques jours accroché au mur, c'est parti pour lui donner un bel aspect : ce sont les étapes dites d’anoblissement.
La laine en feutrant libère beaucoup de poils. Tous ne souhaitent pas se combiner aux autres. Seuls, ils vivent leur vie, se renferment sur eux même et forme une bouloche. Or nous sommes tous d'accord pour dire que les bouloche, c'est moche ! Nous allons donc le passer dans la laineuse qui va venir gratter le dessus du béret et ainsi lever tous les poils. Ces poils sont mis au garde à vous, prêts à être rasés.
Étape n°7
TONDAGE
ADIEU LES BOULOCHES
Les poils sont dressés, prêts à être rasés de près. Le feutre trouve sa forme définitive, lisse et doux, sans trace de bouloches ou autres trucs moches.
Le béret se pare de son feutre foulard soyeux accrochant la lumière, étincelant de mille feux !
Étape n°8
ÉTAPE ESSENTIELLE
Avant de se faire une beauté à la vapeur, nous devons mesurer la taille du béret. Non pas la pointure qui correspond au tour de tête, mais le plateau, le dessus. Parce que le béret aime se distinguer de tous, il se mesure en pouces, non 2,4 cm (pouces Anglais, ni 2,7 cm (pouces du Roy mais 2,8 cm. Le béret se pare de son propre référentiel métrique. Tout simplement.
Étape n°9
DÉCATISSAGE
STABILISER LA LAINE
Depuis sa naissance, le béret s'est vu balloté de droite de gauche. Retourné sur l'endroit, puis sur l'envers, et à nouveau sur l'endroit. Plié, déplié, ne le plaçons sur une forme pour le repasser.
On retire les plis, on stabilise la laine, le béret se développe dans sa forme rondement harmonieuse. La suite se passe sur l'étagère où il sèche avant d'être a nouveau repris en main.
Étape n°10
COUTURES
INVISIBLE
Un béret a toujours une coiffe : un élément en tissu à l’intérieur où est apposé l’écusson du fabriquant. Cette coiffe est cousue grâce à une couture dite invisible. Vous connaissez sûrement le béret avec une ganse de cuir. En 1850, la demande de bérets « explose » en France et dans le monde. Nous entrons dans la fabrication en masse du béret. Pour répondre à ces nouveaux impératifs de nombre, les industriels inventent un nouveau procédé qui a vu l’émergence d’un baleinage en cuir. Comme nous fabriquons nos bérets de façon artisanale, nous fabriquons le béret comme il se faisait avant l’industrialisation : une lacette passée dans un ourlet pour ajuster la pointure (tour de tête). Nous devons donc coudre un ourlet à notre béret.
Étape n°11
