UN SAVOIR-FAIRE ARTISANAL

Par essence, un atelier artisanal est un lieu dans lequel l'intervention humaine demeure prépondérante. La main est ainsi présente à chacune des étapes de la réalisation des bérets de la Manufacture de bérets. Chaque geste demande un apprentissage, pour in fine, acquérir la dextérité d'un mouvement irréprochable. Alors, le geste devient un patrimoine à transmettre de générations en générations.
Qu'est ce qu'un béret ? Le béret n'est pas un chapeau. C'est un couvre-chef. Il se compose d'un plateau, d'une coudète et d'une coiffe écussonnée. Simple et pratique, il se porte de façons différentes, selon que l'on soit une femme, un homme; grand ou petit; large ou fin; chevelu ou pas... Fabriquer un béret, c'est accompagner une matière, la laine, dans un processus fascinant et un peu magique...

Étape n°1

TOUT COMMENCE PAR
LE FIL DE LAINE ÉCRU

Dans la fabrication d’un béret, il n’y a pas de début, ou alors il se perdrait dans la nuit des gestes, le maître mot est la continuité. Tout commence par le fil. Ce fil est en pure laine vierge mérinos. Cette laine est une matière vivante que nous accompagnons au fil des différentes étapes de la construction d’un béret. C’est le travail de cette laine qui me permettra d’obtenir une laine feutrée aux qualités reconnues de souplesse, d’imperméabilité et de solidité dans le temps.

Étape n°3

LE REMAILLAGE
MAILLE APRÈS MAILLE

Privé de ses frères de tricots, le béret est ouvert, béant, mailles laissées sans surveillance, sans arrêt. Il va nous falloir marier chaque maille, une part une. Sur la remailleuse, les aiguilles attendent les mailles. Assemblées par deux un point de chainette va venir fermer l’ouvrage, donner corps au béret. Parmi les gestes, remailler un béret est un travail délicat.

Étape n°4

FOULON
LE BAIN CHAUD

Vient le temps de la transformation. Trop grands, trop souples, les bérets vont vivre le foulon. Par 80, 90 ou 100, en fonction de leurs poids, ils vont se frotter les uns aux autres durant 8 heures dans un bain doucement chaud. Les poils des moutons mérinos relâchent la tension, libèrent leur énergie, frisent avec force, resserrent les mailles, feutrent à l’envie. Le foulage donne une cohésion au béret en obtenant un rétrécissement maitrisé. Le foulon se réussit car il est lent. Il faut laisser le temps à la laine de se combiner, de créer un feutre dense, irréprochable. L’appréciation se fait via « la main » : l’aspect du feutre, la densité du poil mais aussi la taille du béret, sa tenue.

ÉTAPE N°6

GRATTAGE
CARDAGE DU BÉRET

Le béret prend son temps pour sécher. Après quelques jours accroché au mur, c'est parti pour lui donner un bel aspect : ce sont les étapes dites d’anoblissement.
La laine en feutrant libère beaucoup de poils. Tous ne souhaitent pas se combiner aux autres. Seuls, ils vivent leur vie, se renferment sur eux même et forme une bouloche. Or nous sommes tous d'accord pour dire que les bouloche, c'est moche ! Nous allons donc le passer dans la laineuse qui va venir gratter le dessus du béret et ainsi lever tous les poils. Ces poils sont mis au garde à vous, prêts à être rasés.

Étape n°7

TONDAGE
ADIEU LES BOULOCHES

Les poils sont dressés, prêts à être rasés de près. Le feutre trouve sa forme définitive, lisse et doux, sans trace de bouloches ou autres trucs moches.
Le béret se pare de son feutre foulard soyeux accrochant la lumière, étincelant de mille feux !

Étape n°9

DÉCATISSAGE
STABILISER LA LAINE

Depuis sa naissance, le béret s'est vu balloté de droite de gauche. Retourné sur l'endroit, puis sur l'envers, et à nouveau sur l'endroit. Plié, déplié, ne le plaçons sur une forme pour le repasser.
On retire les plis, on stabilise la laine, le béret se développe dans sa forme rondement harmonieuse. La suite se passe sur l'étagère où il sèche avant d'être a nouveau repris en main.

Étape n°10

COUTURES
INVISIBLE

Un béret a toujours une coiffe : un élément en tissu à l’intérieur où est apposé l’écusson du fabriquant. Cette coiffe est cousue grâce à une couture dite invisible. Vous connaissez sûrement le béret avec une ganse de cuir. En 1850, la demande de bérets « explose » en France et dans le monde. Nous entrons dans la fabrication en masse du béret. Pour répondre à ces nouveaux impératifs de nombre, les industriels inventent un nouveau procédé qui a vu l’émergence d’un baleinage en cuir. Comme nous fabriquons nos bérets de façon artisanale, nous fabriquons le béret comme il se faisait avant l’industrialisation : une lacette passée dans un ourlet pour ajuster la pointure (tour de tête). Nous devons donc coudre un ourlet à notre béret.

Étape n°11

FINITIONS
TOUCHE FINALE

Dernière étape qui nécessite de bons yeux et de l’huile de coude. Nous apportons au béret les ultimes soins et vérifications pour qu’il soit impeccable à la vue comme au toucher. Bien que nous examinions nos bérets à toutes les étapes de leur fabrication, il reste parfois une petite paille prise dans les fibres de laine, que nous enlevons à la pince à épiler avant de donner un dernier coup de brosse en fibres végétales.